La crise et ses néopauvres
Posté le 8 février 2012
Pendant que les négociations sur l’effacement de la dette grecque se poursuivent, la mairie d’Athènes fournit deux repas par jour. Il y a des cris, des disputes, tout doit aller très vite : la distribution ne dure qu’une demi-heure. Au milieu des quelques marginaux et des vieillards aux vêtements usés, une nouvelle catégorie de citadins se démarque, nommée « néopauvres », ou encore « SDF avec iPhone » : des salariés virés d’une des nombreuses PME qui ont fait faillite, des fonctionnaires licenciés à la suite des mesures d’austérité prises depuis deux ans. En deux ans, le nombre de sans-domicile-fixe a augmenté de 25% et la faim est devenue une préoccupation quotidienne pour certains : depuis un an, ce sont les Grecs qui viennent voir Médecins du monde par exemple. Des gens de la classe moyenne qui, en perdant leurs droits sociaux, n’ont plus droit à l’hôpital public. Et depuis six mois, face à l’afflux enfants qui venaient se faire soigner le ventre vide, sans avoir pris aucun repas la veille, la structure distribue aussi de la nourriture comme dans les pays du tiers-monde. Une situation qui amène de nombreux Grecs à se considérer sous une dictature économique, et à voir leur pays comme le laboratoire où l’on teste la résistance des peuples. En prédisant la fin des classes moyennes…
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