Rencontre avec Pedro Pauwels

Pedro Pauwels est chorégraphe, invité par le festival d’Avignon dans le cadre des Sujets à vif. Il présentait Sous les feux…
Comment définissez-vous votre travail ?
Mon travail n’est pas léger. Je m’intéresse à la vie, à la mort. Et mon approche est assez radicale. Je n’offre pas grand-chose à quoi se raccrocher. On a voulu me rapprocher d’un mouvement conceptuel car la danse pour la danse ne m’intéresse pas. Mon travail, c’est une recherche sur la plasticité, aussi importante que le mouvement. Arriver à une certaine épure, simplifier, c’est aussi le sens de l’art contemporain.
Il y a une tendance de la danse contemporaine à être dans le divertissement artistique. Or, je ne pense pas être là pour plaire ou faire plaisir.
Comment est né le travail que vous présentez ?
Pour créer le spectacle, nous avons été en résidence avec l’interprète Jorg Müller pendant 3 semaines à Nexon. Jorg est un jongleur. C’est une idée de la Société des auteurs de nous faire travailler ensemble. Lorsque nous nous sommes rencontrés, nous avons vu que nous partagions suffisamment de choses pour que cela soit possible.
L’objectif du travail était de montrer le résultat de cette rencontre entre deux individus. J’ai essayé de le rassurer autant que possible pour l’amener sur ce champ qui lui était complètement étranger.
Le spectacle crée une tension qui n’invite pas au dialogue immédiat, on sort un peu sonné, avec une matière qui travaille. Il demande du temps pour être digéré. Il produit un dérangement, un agacement parfois.
C’est une chance inouïe de venir à Avignon présenter ce spectacle dans le in. Nous avons vu tous les programmateurs de France et certains venus de l’étranger. Je vois ce moment comme un laboratoire, un temps de rencontre.

Qu’est ce que vous y montrez ?
Le spectacle pose la question de la position du créateur, de l’avenir de l’artiste, notamment face à une puissance publique ou privée de plus en plus humiliante. C’est la figure de cet homme masqué qui lance des miettes. On retrouve aussi la position des trois petits singes, ne pas voir ne pas entendre, ne pas parler qui est celle de tout créateur aujourd’hui à un moment de sa carrière. Nous sommes à un stade dangereux ou précarité et pauvreté n’ont jamais été aussi présentes.
Vous êtes installés depuis peu en Limousin…
Oui, nous sommes arrivés en 2009 avec une création pour la biennale Danse émoi de 2010 et nous travaillons beaucoup avec les scolaires. Cette biennale a fait depuis 30 ans un travail fantastique. Aujourd’hui, le public limousin est très exigeant, habitué à voir des créations de qualité. Donc, il me semble que le temps était venu pour une compagnie de s’installer. C’est pour ce public que nous rejouerons le spectacle créé pour Avignon à Limoges en février prochain.
- Le site de la compagnie Pedro Pauwels : www.cie-pedropauwels.fr
- Rencontre avec Eugène Durif
- Rencontre avec Michel Bruzat
- Limousins en Avignon



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