Suppression de postes dans l’Education nationale
Jean-Paul Denanot demande au gouvernement l’institution d’un moratoire.
Dans une lettre datée du 3 janvier et adressée à Luc Chatel, Ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et de la Vie associative, Jean-Paul Denanot, président de la Région Limousin, a demandé l’institution d’un moratoire sur les suppressions de postes dans l’Éducation nationale.
« Je viens de m’entretenir avec Monsieur le Recteur de l’Académie de Limoges à propos de votre projet de carte scolaire pour la prochaine rentrée. Je tiens à vous informer de mon opposition totale à la nouvelle suppression de 278 postes d’enseignants pour la région et de tout projet de carte scolaire qui entérinerait cette situation.
Sur la forme, tout d’abord, nous avions convenu dans le cadre de la contractualisation du CPRDFP d’une concertation a minima ; il est donc inacceptable d’être destinataire de « propositions » déjà arrêtées et qui font fi des grandes orientations que nous avions signées il y a moins d’un an.
Sur le fond, enfin, il n’est pas envisageable d’accepter cette nouvelle saignée qui fait suite aux 147 suppressions de l’année précédente, présentées à l’époque comme un effort considérable demandé à la région. Au total, depuis 2007, près de 1 000 postes ont été effacés d’un simple coup de gomme de la carte du Limousin, sous prétexte de RGPP et d’une vision strictement comptable de l’éducation, et plus généralement de la formation et de l’aménagement du territoire.
Ce cumul met en péril l’équilibre déjà fragile de nos territoires dont la caractéristique rurale impose un traitement différent des autres académies, plus urbanisées. Aujourd’hui, c’est le contraire qui se passe puisque pour le Limousin, vous avez décidé d’une diminution de 3,9% des emplois dans le 1er degré et de 4% dans le 2nd degré, soit plus du double des baisses annoncées au niveau national.
Cette politique aveugle du chiffre obère l’avenir de nos jeunes dont les parcours de formation se dégradent. Depuis 20 ans, les résultats exemplaires de l’Académie de Limoges ont fléchi, alors que la région a investi massivement dans la rénovation et l’entretien des bâtiments. Elle équipe les établissements afin de doter la communauté éducative de conditions d’études les plus favorables, propices à la réussite de tus les élèves ; ces efforts sont méprisés.
Par ailleurs, cette politique de suppressions d’emplois met en danger les territoires, leur cohésion, leur vie économique et leur dynamisme, qui chaque année attirent des habitants plus nombreux, comme les chiffres de l’Insee publiés cette semaine l’ont montré. Cette logique strictement comptable insulte l’avenir quand tous les indicateurs démographiques montrent que la population scolaire augmente avec l’arrivée au collège des enfants nés nombreux dans les années 2000.
Aujourd’hui, je ne veux pas me résigner à une vision réduite d’une « malheureuse » politique du chiffre qui conduira à faire de nos territoires des déserts, condamnés à perdre toute vitalité.
Je dénonce cette situation que je ne souhaite pas cautionner en participant à toute instance qui m’amènerait à entériner des décisions nuisibles pour la Région que je préside. Je n’ai pas été élu pour cela.
Pour l’heure, je ne cosignerai pas la convocation du CAEN qui doit avaliser ce qui est présenté comme « une taxe locale ». Je demande un moratoire sur les suppressions de postes, seul gage de confiance qui nous permettra de reprendre localement le dialogue engagé dans le cadre du CPRDFP. Le cas échéant, je dénoncerai également ce document contractuel comme la clause de caducité me le permet. »
Jean-Paul Denanot
Président du conseil régional du Limousin



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